Martine Diersé / Mascarades , Trois têtes qui roulent , Mur-Banc / Sculptures Céramique, fer, bois, voile de béton : Martine Diersé, qui pratique également gravure et dessin, est sculpteur – jusque que dans ses jardins du Pin, labellisés Jardin remarquable qu’elle a créés et entretient. Au cœur de ces jardins, elle présente trois têtes, œuvres pérennes en voile de béton, aux dimensions impressionnantes (deux à trois mètres de diamètre) – têtes qui semblent avoir dévalé la pente, être venues s’ancrer au milieu des frênes et des ruisseaux. A la renverse ou cou planté en terre, comme effarées, criantes, stupéfiées, épures des lignes et de la matière brute, étonnantes pourtant de tendresse, ces trois têtes humaines allient sauvagerie et douceur, en symbiose avec la nature. Elles se voient de loin, appellent aussi à la proximité des regards. Peut-être sont-elles d’étranges météorites, d’étrangères divinités… On retrouvera dans les jardins l'énigme de l' Oiseau-Banc et la vague ondulante d'un Mur-Banc en voile de béton. Dans la salle des gardes du château veillent les Mascarades , personnages en terre cuite, mi-hommes mi-animaux, habités par la douleur de leurs métamorphoses. Nombre de sculptures céramique – et la Grotte Crâne (voile de béton et pâte de verre) sur les terrasses du Pin complètent l'exposition.
Colette Bonzo / Roses, Bal , Carnaval - Les Hommes-Volants / peintures et fusains Centenaire de sa naissance (1917), cinquantenaire de sa mort (1967) et l’occasion de voir ou revoir une œuvre rare. Du peintre Colette Bonzo, on connaît surtout l’approche dramatique, via un expressionnisme flamboyant, de thématiques sociales, politiques ou religieuses – les grands formats présents par exemple dans les collections du Château-Musée de Tournon-sur-Rhône en témoignent. On connaît moins son amour des roses. Etranges roses qu’elle traitait comme Monet les Nymphéas – fleurs incarnées. Grands formats ou panneaux à la japonaise, les roseraies de Colette Bonzo, jamais décoratives, explosent autant qu’elles éclosent, rêves ou maudits songes. Elles sont présentées dans la galerie du Pin. On retrouvera aussi dans son atelier une Grande Roseraie associée à des tableaux-jalons de son œuvre, comme Le Carnaval (1954), Le Parachutiste (1958) ou Bal au Bois de Païolive (1964). Dans la bibliothèque du château, Les Hommes-Volants (1956) une série de fusains consacrés à l'aventure de ceux qui voulaient égaler les oiseaux : à travers cette utopie, l'artiste revisite les thèmes d'Icare, de l'ange, de l'Ascension.
SUITEErik Barray / Les Râteaux célestes « Sculpteur de végétal, vannier urbain », Erik Barré vit à Lyon. Son matériau ? L’osier. « Des fois mes rêves s’évanouissent, alors je m’accroche aux nuages », dit-il. Depuis 1993, de Madagascar aux Seychelles, de Beyrouth à l’Arizona ou La Réunion et à Lyon où ses créations participent à la Fête des Lumières, il tresse « ce qui nous entoure ». Balancé entre déséquilibre dans l’équilibre et équilibre dans le déséquilibre », il tisse des liens entre l’homme et la nature. Les râteaux célestes (trois-quatre mètres de haut) qu’il installe dans les jardins du Pin, procèdent de cette poésie où l’osier, souplement dressé vers le ciel, semble caresser les nuages. En Ardèche, Erik Barray était, en 2016, l’invité d’honneur de la seconde Biennale des artisans d’art au château de Voguë.
Serge Volle, Bûcher / Duino / Livres Bûcher Raffinement et truculence, danse macabre et baroque, Bûcher revisite l’Inquisition. Vie et mort d’une supposée sorcière, la Peyretonne, descente aux enfers dans un Vivarais du XVIe siècle : les mots, surgis du vieux français, sont « de la musique avant toute chose » – une pulsion pour dire le drame d’une femme condamnée par la folie meurtrière des hommes, l’aveuglement des intégrismes. Une écriture infiniment dense, une maestria du verbe et un souffle épique. Après Pavane , Bûcher est le second livre de Serge Volle paru aux Éditions du Pin dans la collection comme si. Serge Volle, également peintre de grand talent, vit en Ardèche. ISBN : 978-2-916997-24-7. 17 €. Extrait : Son confesseur disait de lui, à qui voulait l’entendre, ne le portant pas dans son cœur et bien piètre au secret, qu’il était fort lâche, fort pusillanime, fort timoré, qu’aucun homme ne craignait tant la mort que lui, qu’aucun, comme lui, ne fit tant de choses et tant de cérémonies pour y mettre remède, qu’il avait, tout le temps de sa vie, derrière les hauts murs de son inexpugnable château, d’un livre de messe à l’autre, d’un crucifix à l’autre, prié ses serviteurs, s’agissant de sa crainte, de sa grandissime épouvante, de ne rien en distiller alentour, que, devant lui, à côté de lui, on ne devait pas prononcer ce cruel mot de la mort, car, c’était par tous bien saisi, il ne pouvait pas entendre une si cruelle sentence.
CHÂTEAU ET JARDINS DU PIN 22e ESTIVALES - ÉCHAPPÉE